Programme
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Mer. 30.09
14h00 — 15h30
Workshop
Structuration

Connaître sa valeur. Vivre de son métier.

Salle : Salle d'expo avec Gwenaëlle Kerboul (PAN!) workshop en collaboration avec MEWEM

Créer est une chose. En vivre décemment en est une autre.
Dans les musiques électroniques comme dans l’ensemble des industries culturelles, les femmes sont encore confrontées à des inégalités structurelles : écarts de rémunération, précarité, difficulté à négocier, manque de modèles, syndrome de l’imposteur… Ces réalités influencent souvent la manière dont elles évaluent leur travail et construisent leur activité professionnelle.

À partir de son expérience d’entrepreneure de dirigeante dans l’industrie musicale, Gwenaëlle Kerboul propose un atelier pragmatique pour donner à chacune les outils nécessaires afin de transformer son activité créative en un projet économique solide.

L’objectif n’est pas de parler d’inspiration artistique, mais d’argent, de stratégie et d’autonomie.
➡️ comprendre le contexte : identifier les mécanismes qui produisent les inégalités, déconstruire les déterminismes, sortir de la peur du manque et apprendre à poser ses limites.
➡️ construire un cadre professionnel : choisir le statut juridique adapté, connaître les obligations essentielles et éviter les erreurs les plus fréquentes.
➡️ reconnaître sa valeur : identifier ses compétences, assumer son expertise et construire un positionnement cohérent.
➡️ savoir fixer ses prix : calculer ses coûts, déterminer une rémunération juste, préparer et mener une négociation.
➡️ piloter son activité : découvrir des outils simples pour suivre ses revenus, anticiper sa trésorerie et prendre de meilleures décisions.
➡️ aller plus loin : repartir avec une sélection de ressources, podcasts, livres, formations et outils pour poursuivre son développement.

Cet atelier s’adresse aux artistes, DJ, productrices, manageuses, entrepreneures culturelles et à toutes celles qui souhaitent reprendre le pouvoir sur leur trajectoire professionnelle.
Parce que l’indépendance économique n’est pas un luxe : c’est une condition de la liberté d’entreprendre.

16h00 — 17h30
Masterclass
Création

Masterclass production

Salle : Salle de concert avec MZA en collaboration avec Track One

MZA est une DJ et productrice française basée à Paris, développant une techno intense qui brouille les frontières entre les genres. Issue d’une formation en ingénierie du son, elle mêle rythmes rapides et percussifs, textures atmosphériques et influences trance, ambient et bass music.

Cette recherche autour de la matière sonore et de ses multiples transformations est au cœur de sa pratique artistique. À travers cette masterclass, elle propose de partager son approche expérimentale de la production et de montrer comment il est possible de transformer n’importe quelle matière sonore (field recordings, samples ou loops) en textures organiques, rythmiques et évolutives. Selon la manière dont elles sont travaillées, ces textures peuvent enrichir l’arrière-plan d’un morceau techno, construire une introduction ou devenir l’élément central d’une pièce ambient.

Elle explorera notamment les outils de synthèse et d’effets granulaires, différents effets créatifs, ainsi qu’une approche fondée sur l’aléatoire, l’expérimentation et les « happy accidents ».

16h00 — 18h30
Rencontres professionnelles

Rencontres professionnelles en mixité choisie avec Vénus Club

intervenantes TBA

18h00 — 19h30
Masterclass
Création

Masterclass production bootleg and remixes

Salle : Salle de concert avec Carré

Productrice et DJ basée à Londres, Carré s’impose comme l’une des voix les plus excitantes de la nouvelle génération dubstep. Entre respect des fondations du genre et expérimentations plus futuristes, son travail explore sans cesse de nouvelles façons de déconstruire et transformer les sons.

Pour cette masterclass, Carré partagera son approche du remix et du bootleg : comment réinterpréter un morceau, s’approprier une idée existante et créer quelque chose de nouveau, entre intuition, technique et liberté créative.

18h30 — 21h30
Création

Jam électronique en mixité choisie

Salle : Studio de danse avec Sentimentale Vacarme

Sentimentale Vacarme est un laboratoire d’expérimentation sonore en mixité choisie pour femmes et minorités des genres. C'est un espace de création qui donne aux personnes les moins représenté.es un espace sur scène pour tenter, oser les fausses notes, faire des erreurs, chercher et surtout s’amuser. Les instruments acoustiques et électroniques s'y accordent avec sensibilité en croisant des pratiques autodidactes et institutionnelles. L'écoute bienveillante est ouverte à toustes.

À l'occasion de la Paris Electronic Week, Sentimentale Vacarme propose une session spéciale machines, de 18h30 à 21h30, sur inscription uniquement.
Des petits groupes de 4 à 5 participant.es se succéderont pour 3 sessions de 40 minutes de création collective. Chaque participant.e est invité.e à venir avec ses machines, synthétiseurs, boîtes à rythmes, instruments ou tout autre matériel de création sonore, afin d'expérimenter, improviser et composer ensemble.

En amont de l'événement, un temps de rencontre et de discussion est prévu afin d'expérimenter dans les meilleures conditions.

Participation par e-mail en précisant le matériel que vous souhaitez apporter ainsi que vos envies : sentimentalevacarme@gmail.com

♥︎♫ ♥︎♫ ♥︎ ♫ Accès à l'évènement ouvert à toustes ♥︎ ♫ ♥︎ ♫ ♥ ♫︎

19h00 — 20h30
Conférence
Politique

Let's take the floor : intersecting struggles for inclusion on electronic music scenes

Salle : Salle de d'expo avec Julie Lalloué (Consentis, FACILE), Lilia van Beukering (Femme Bass Mafia), Laura Lewis-Paul (Saffron Records), Rroxymore (artiste) et Rachel Mbiga Epelbaum à la modération

On entend souvent parler de la place des femmes dans les musiques électroniques et de la nécessité d’une meilleure représentation. Si la question de la parité semble être un enjeu largement intégré, y compris au-delà des cercles militants, la représentation ne doit pourtant pas se limiter à la seule question du genre.

Adopter une vision universaliste de la lutte féministe, c’est-à-dire considérer la lutte comme un bloc monolithique dans lequel toutes les pratiques et les positionnements seraient les mêmes pour tous·tes, revient à faire abstraction des rapports de pouvoir qui s’appliquent dans la société. On peut se considérer comme féministe et lutter pour une meilleure représentation des femmes, tout en participant à des dynamiques d’oppression.
La lutte se veut réellement émancipatrice du moment qu’elle prend en compte les rapports de classe, la situation migratoire, l’héritage colonial et les multiples réalités qui déterminent nos trajectoires.

La question qui doit se poser est celle des barrières invisibles qui conditionnent l’accès à la pratique, à la professionnalisation et à la visibilité d’un projet artistique. Qui peut se lancer dans une carrière qui comporte des risques financiers importants ? Qui peut s’équiper en matériel, accéder à des formations ou bénéficier d’un réseau qui ouvre des portes ? Quels sont les moyens d’accès à la scène lorsque l’on ne vit pas dans une grande ville ? Sans compter l’ensemble des discriminations qui traversent également nos milieux : racisme, LGBTQIA+phobies, validisme et bien d’autres…

C’est ici que l’intersectionnalité prend tout son sens. Penser une scène réellement inclusive, c’est reconnaître que les discriminations ne s’additionnent pas, elles se croisent et produisent des réalités différentes selon chacun·e. C’est donc ces rapports de domination qu’il est essentiel de combattre pour lutter concrètement contre les inégalités qui traversent nos scènes.

20h — 21h
Soirée

Paris Electronic Week x Femme Bass Mafia

Mama Lior b2b Mizso Carré Dangermami b2b PONYO

Jeu. 01.10
18h00 — 19h30
Conférence
Écologie

Canicule, tempêtes, incendies... quel avenir pour les festivals d'été face à l'urgence climatique ?

avec Alexandra Bobes (France Festivals), Leslie De Gouville (Les Siestes), Mélanie Noyer (Dub Camp), Pauline Bourdon (Soliphilia UK) et Jean-Paul Deniaud (Pioche!) à la modération

Les festivals sont en première ligne face aux risques climatiques : annulations pour orage, canicule ou incendie ; conditions d'assurance de plus en plus restrictives face à des aléas devenus difficiles à anticiper ; et des événements culturels considérés comme activités « non essentielles » en temps de crise. L'été 2026 en a offert une triste démonstration : Dubcamp, Garorock, Solidays, ATOM, ... Nombre de festivals ont été annulés, parfois à quelques heures de leur ouverture.

Ce choc climatique percute un secteur qui pèse pourtant lourd, 5,8 milliards d'euros de retombées économiques et 200 000 emplois en 2025, mais déjà fragilisé structurellement : 79% des festivals déclarent avoir rencontré des difficultés lors de l'édition 2025, les difficultés financières arrivant largement en tête, et un tiers des répondants signalent une hausse de leurs frais d'assurance. Cette fragilité s'inscrit dans la durée : 48% des festivals étaient déjà déficitaires à l'issue de la saison 2024, dans un contexte de baisse du pouvoir d'achat, de hausse des coûts de production, de changement des habitudes de consommation, sur fond de montée de l'extrême droite et de coupes budgétaires, notamment une réduction des aides publiques, en particulier régionales.

Dans ce contexte, comment anticiper le futur des festivals, ces espaces communautaires éphémères qui offrent pourtant une fenêtre vers d'autres possibilités de penser et de faire société ? Comment bâtir leur résilience logistique, financière, humaine, tout en agissant pour réduire leur empreinte carbone ?

Ven. 02.10
16h00 — 17h30
Conférence
Diffusion

Rethinking club attendance strategies to support local scenes : alternatives approaches to club booking and ticketing

Salle : Salle d'Expo avec Alexis Tenaud (Macadam), Chris Hindle (XLR), Duco Bossert (Garage Noord), Luisa Paolini (Tresor.West) et Victória Mazzone (Minimal Collective) à la modération

Consommation d'alcool en baisse chez les jeunes, fréquentation des clubs et festivals en recul, augmentation des coûts de production : la scène live électronique européenne traverse une crise économique structurelle qui oblige à repenser en profondeur le modèle économique de ces événements. Face à des publics dont les habitudes de sortie et le pouvoir d'achat évoluent, les pratiques qui ont fait la réussite des lieux et festivals jusqu’à maintenant montrent aujourd'hui leurs limites.

Cette contrainte peut aussi devenir une opportunité, celle de transformer nos espaces festifs pour mieux répondre aux enjeux actuels : plus de diversité sur les line-ups et dans le public, des espaces plus safes et bienveillants, une billetterie en phase avec le pouvoir d'achat réel de nos publics. Au-delà des seuls enjeux de remplissage, la refonte d’une stratégie de billetterie peut apporter une réflexion plus générale sur qui vient, pourquoi, et à quelles conditions.

Plusieurs clubs et festivals européens apportent déjà des réponses concrètes en ce sens : abonnements mensuels mutualisés entre plusieurs lieux voisins, gratuité ou tarification solidaire et progressive, possibilité d'apporter son propre alcool, programmations secrètes ou surprise, jauges repensées, horaires adaptés aux nouveaux rythmes de sortie... Autant d'approches qui visent à relancer la fréquentation sans compromettre les valeurs portées par les organisations, et qui redessinent une économie plus résiliente et plus inclusive pour nos scènes locales.

16h00 — 17h30
Conférence
Politique

Nightlife as integration spaces for foreign communities : how can we support displaced artists ?

Salle : Studio de Danse avec Judith Depaule (L'Atelier des artistes en exil), Sara Brandellero (Université de Leiden), Vincent Mare (Gros:Œuvre), Yasmine Riffi (Cief Collectif) et Lina Allia (Radio Grenouille) à la modération

La vie nocturne a, depuis toujours, été un espace de création, de rencontres et de circulation artistique. C’est d'ailleurs sa capacité d’accueil et sa volonté de représenter une diversité d'expression et d'identités qui en font sa richesse culturelle et sociale. Pour nombre de ses acteur·rices issu·es de parcours migratoires, ce sont ces scènes qui constituent des premiers espaces d’intégrations, de rencontres et d’opportunités professionnelles.

Mais sous l’apparente volonté de diversité encouragée par la diplomatie culturelle, la mobilité internationale des artistes et autres acteur·rices de la scène est de plus en plus entravée.
Au-delà des complexités d'obtention des titres de séjour, dont l’État a prévu d’augmenter le coût de 50 %, les artistes et technicien·nes déplacé·es font aussi face à des difficultés majeures de régularisation. La tribune « Ne Suspendons pas la vie des artistes étrangers », publiée il y a plusieurs semaines, fait état des conséquences des retards administratifs : radiation de France Travail, gel des indemnités de l'intermittence du spectacle et incapacité d'exercer leur profession dans un cadre légal. Une angoisse amplifiée par le stress, la précarité, les loyers impayés ou encore la peur des contrôles policiers...

Comment expliquer ces abandons administratifs et l’absence de coordination entre les institutions ? Comment porter une voix collective pour visibiliser cette réalité et exiger des conditions dignes pour les travailleur·euses déplacé·es ?

16h00 — 17h30
Conférence
Écologie

Slowing down to last longer : how can sustainable touring build a more inclusive industry ?

Salle : Startrek avec Kerronia Thomas (VibeLab) et Rob van Wegen (Eurosonic Noorderslag - ESNS)

A recent report "EU perspective on slow-touring in a fast-paced industry" by Courts Circuits and VibeLab finds that sustainable touring, when built around regional anchoring, cooperative networks, and artist well-being, does not require artists to sacrifice their careers. In fact, it may help ease the financial precarity that so often leads to artist burnout.

But how ?

After a brief presentation of the report findings, this session will open a collective discussion to figure out how and what can be done to lay the ground for slow touring uptake's across the industry, considering also how this model could go beyond simply preserving equity to actively fostering it : for mid-career artists, those wishing to start a family, neurodivergent artists, artists with mobility restrictions, and non-EU artists limited by visa constraints, etc.

16h00 — 17h30
Masterclass
Création

Masterclass VJing et back light

avec Noir vidéo (Julien Riniker, Théo Donès et Adam Pellé)

Noir Video est un collectif spécialisé dans le mapping vidéo, le VJing et la scénographie lumière. Détournant également les vidéoprojecteurs de leur usage classique pour créer des jeux de backlight à travers la fumée, iels transforment la lumière projetée en matière scénique à part entière. Entre technique et poésie visuelle, Noir Video façonne des expériences immersives où l'image devient sculpture de lumière.

16h00 — 17h30
Workshop
Structuration

Creating in the Age of AI: Rights, Reflexes and Practical Guidance for Music Creators

Salle : Atelier 13 avec Jay Ahern (AFEM) et Marc Azais (SACEM)

Artificial Intelligence is rapidly reshaping the music ecosystem, raising new questions for creators about authorship, copyright, transparency and the use of creative works. This workshop will focus on the practical reflexes every music creator should adopt: understanding their rights, protecting and registering their works, navigating AI-related risks and opportunities, and identifying the resources available through collective management organizations. A practical discussion designed to help creators make informed choices in an evolving landscape.

16h00 — 17h30
Workshop
Structuration

Exporter son projet musical : focus sur les aides à la mobilité et au développement international

Salle : Atelier 11 avec Camille Hyron (CNM), Oscar Finjean (Institut Français) et Olympe4000 (artiste)

Dénuées de paroles et de vocaux dans une grande majorité des cas, les musiques électroniques sont particulièrement sujettes à la globalisation. En 2025, c'est selon le CNM le deuxième genre musical le plus exporté en France.

Dans un monde globalisé et hyperconnecté, l'accessibilité des outils et plateformes numériques permet aux artistes de toucher facilement un public international, sans compétences spécifiques requises. Néanmoins, un travail de plus long terme est nécessaire pour transformer un reach international en propositions de dates à l'étranger et ancrer durablement son projet dans de nouvelles régions, Un développement à l'international pérenne et qui puisse aboutir à la construction d'une tournée nécessite un accompagnement adapté, souvent difficile d'accès pour une majorité d'artistes émergent·es.

Des premières prises de contacts jusqu'à la construction d'une tournée internationale, ce workshop propose de passer en revue les étapes clés et les dispositifs mobilisables pour développer son projet artistique à l'international. Il s'appuiera sur le partage d'expérience de la DJ et productrice Olympe4000, complété par une présentation des dispositifs d'aides à la mobilité et au développement international que proposent l'Institut Français et le Centre National de la Musique.

16h00 — 17h30
Workshop
Structuration

Focus sur le métier de production et régie d'événement

Salle : Atelier 12 avec Jodie Faroz (La Marbrerie, Bal Chavaux) et Pauline Daverat (Essaim)

Souvent invisibilisés, les métiers de production et de régie sont pourtant essentiels à la réussite d'un événement. Ils donnent vie à une proposition artistique et contribuent à en faire une expérience la plus agréable possible pour les artistes, le public et les équipes techniques : coordination avec les artistes et leur équipe, gestion des riders, relation avec les prestataires (son, lumière, structure), sécurité, plannings de montage et démontage, gestion de crise en temps réel, entre autres.

Par ses décisions, le·la chargé·e de production et/ou régisseur·euse d'événement joue aussi un rôle stratégique sur l'impact du projet : environnement et biodiversité, développement économique et ancrage local, professionnalisation des équipes, sécurité et réduction des risques.

Encore peu identifié dans les formations classiques, ce métier exige pourtant une polyvalence rare, entre logistique, diplomatie et sensibilité artistique, dans le respect des contraintes techniques, budgétaires, humaines et parfois climatiques propres à chaque projet.

Ce workshop propose un temps d'échange concret autour du métier de production et de régie d'événement dans les musiques électroniques : en quoi consiste le rôle d'un·e chargé·e de production ? Quelles sont les missions au quotidien ? Comment s'y former, quelles compétences développer, quels parcours possibles pour y accéder ? Et en tant que personne FLINTA, comment faire sa place dans un secteur encore majoritairement investi par des hommes cis; et ceci d'autant plus lorsqu'il s'agit des équipes techniques ?

18h00 — 19h30
Conférence
Politique

Building local cultural heritage : the role of city festivals ?

Salle : Salle d'Expo avec Bernhard Steirer (Elevate), Bronne Keesmaat (Rewire), Clara Rodorigo (Terraforma Exo, Threes Productions), Michail Stangl (CTM Festival) et Juliette Josse (TIMES) à la modération

Au-delà de leur pouvoir fédérateur, les festivals et événements urbains ont un impact économique réel sur le développement des métropoles : des centaines de milliers d'emplois mobilisés, des retombées pour les prestataires et producteur·ices locaux·ales, des flux touristiques renouvelés chaque année, et une empreinte durable sur l'image d'une ville.

Cette influence économique leur confère de fait un rôle politique et culturel.

Choisir des artistes, mettre en lumière des scènes, réunir des communautés, créer des espaces de dialogue : la programmation façonne durablement le développement de la scène locale et participe à la construction d'une identité territoriale forte.

Cette empreinte culturelle se renforce dans la capacité d'un festival à faire cité. Un club, une salle de concert, un espace public ou un bâtiment patrimonial peuvent devenir des lieux de création, de recherche et de rencontre. Installations sonores, performances, parcours, ateliers ou projets participatifs : autant de formats qui font émerger de nouveaux usages et transforment notre manière d'habiter et de percevoir la ville.

L'attractivité d'un territoire, en plus de dynamiser les scènes locales et d'attirer de nouveaux·elles acteur·rices culturel·les, devient une porte d'entrée pour favoriser un dialogue avec les pouvoirs publics : autour de la vie nocturne, de l’accès aux espaces ou du soutien aux écosystèmes indépendants. Les festivals participent non seulement à la reconnaissance d'une culture, mais aussi aux conditions politiques et matérielles de son existence.

Alors, comment cette construction d'un héritage culturel vivant s'opère-t-elle concrètement ? Quelle place les festivals occupent-ils dans la mémoire d'une ville ? Et comment le soutien politique peut-il accompagner leur action dans la durée ?

18h00 — 19h30
Conférence
Inclusion

Racisme sur nos scènes : entre violences et stratégies de résistance

Salle : Studio de danse avec Safiatou Mendy (Consentis) et Kahi Baby (artiste)

Cet état des lieux propose une première analyse des violences racistes vécues dans le secteur festif et musical en France hexagonale. Réalisé à partir d'entretiens menés auprès d'artistes, de technicien·nes, d'agent·es de sécurité, de membres de collectifs, de professionnel·les du secteur et du public d’événements, il donne à voir la diversité des expériences et des réalités de terrain.

En s'appuyant sur les récits des personnes concernées, il met en lumière les mécanismes qui structurent ces violences, les stratégies mises en œuvre pour y faire face et leurs effets sur les parcours professionnels et personnels.

Cette restitution a pour ambition de poser les bases d'une réflexion collective et d’encourager les échanges autour des leviers d'action permettant de prévenir et de combattre le racisme dans le secteur.

18h00 — 19h30
Conférence
Politique

Concentration dans les musiques électroniques : comment protéger les scènes indépendantes ?

Salle : Startrek avec Aurélie Hannedouche (SMA), Anne-Laurence Chambon (FELIN, Carton Records), Pablo El Baz (Trabenbo) et Laurent Bigarella (Reset!) à la modération

La cartographie des acteur·rices de la scène live en Europe, réalisée par le SMA, LiveDMA et le réseau Reset!, montre qu'en 2026 un petit nombre de groupes transnationaux contrôlent une grande partie des festivals de grande jauge et des arenas. Ces groupes génèrent certains des revenus les plus élevés du secteur et, selon leurs déclarations officielles, connaissent tous une forte croissance, alors que des milliers de petites salles ancrées localement et de petits festivals fonctionnent avec des moyens financiers plus modestes et dans des conditions plus précaires. Leur influence ne se limite d'ailleurs pas à la détention de capital : elle passe aussi par une position dominante dans certains domaines (programmation, billetterie, sponsoring) ou par une présence stratégique au sein de conseils d'administration.

Ces travaux mettent en lumière la structure oligopolistique du marché de la musique live. Une observation qui s'étend à la musique enregistrée, où quelques majors internationales concentrent l'essentiel du marché, au détriment d'un grand nombre de labels indépendants qui peinent à rentrer dans leurs frais.

Ce constat soulève plusieurs questions que ce panel se propose d'explorer : si la scène indépendante constitue un vivier d'artistes émergent·es et un terrain d'expérimentation pour les grandes entreprises, quelle responsabilité ces groupes ont-ils vis-à-vis d'elle ? Compte tenu de l'organisation actuelle du marché, peut-on se priver d'une collaboration avec ces acteurs sans pénaliser le développement de ses artistes et de ses collaborateur·ices ? Dans un contexte de baisse des subventions publiques, peut-on envisager, et si oui comment, des collaborations avec les multinationales sans compromettre ses valeurs et son indépendance ? Et à défaut, quelles formes d'organisation collective permettent aujourd'hui de soutenir et renforcer la scène indépendante ?

18h00 — 19h30
Masterclass
Création

Masterclass live electro-acoustique

en Salle de concert avec DalidaCarnage

Paola Avilés, alias DalidaCarnage, est une harpiste, performeuse et compositrice électroacoustique🪉

Sa musique est un terrain de jeu où elle manipule la harpe sous toutes ses formes : pincée, grattée, frappée, caressée, préparée. Chaque son, chaque vibration est explorée, contextualisée, ou déconstruite à l’aide de l’électricité. À travers la transformation électronique, les boucles, les bandes et le bruit, elle sculpte des paysages sonores à la fois fragiles et sauvages. Son univers est une plongée immersive dans un monde intérieur, où la musique devient un exorcisme, et une célébration des profondeurs cachées de l’âme.

Vendredi 2 octobre, elle proposera une masterclass dédiée au live électro-acoustique, l’occasion de découvrir sa pratique et sa manière de transformer la harpe à travers l’électronique pour construire une performance live à la croisée des musiques classique contemporaine, électronique et expérimentale.

18h00 — 19h30
Workshop
Politique

Construire une stratégie de partenariats éthique : mécénat, sponsoring et ancrage territorial

Atelier 13 avec Rémy Talarico (Cabaret Vert)

Comment développer des financements privés sans perdre l'identité de son projet ?
À partir de l'expérience du Cabaret Vert, cet atelier proposera une méthode concrète pour construire une stratégie de partenariats cohérente avec les valeurs de sa structure. Nous reviendrons sur les différences entre mécénat, sponsoring et partenariat, les critères permettant d'identifier des partenaires compatibles avec son projet, les arbitrages auxquels sont confrontées les équipes culturelles, ainsi que les principales étapes pour bâtir une stratégie durable, crédible et créatrice de valeur pour toutes les parties prenantes.

L'objectif est que chaque participant·e reparte avec une grille de lecture, des outils directement mobilisables et des pistes d'action adaptées à son propre projet.

20h00 — 23h00
Spectacle de danse

Paris Electronic Week x Errances Nocturnes

Deux représentations : première séance à 20h, la seconde à 22h.

Billetterie

À l’occasion de sa 14ème édition, la Paris Electronic Week voulait mettre l'accent sur la pluradisciplinarité et l’impact social et émotionnel de la fête avec la première parisienne du spectacle “Errances Nocturnes”, une oeuvre imaginée par le collectif pluridisciplinaire Kluster née d’une question essentielle : pourquoi la fête libre est-elle un espace de refuge, de révélation et d’émancipation pour tant de personnes ?

À la croisée de la danse, de la musique électronique et de la scénographie numérique, le spectacle explore la culture de la nuit comme un véritable laboratoire social, où les normes vacillent, les corps se libèrent et le collectif devient moteur de transformation. En brouillant les frontières entre spectateur·ices et performeur·euses, “Errances Nocturnes” propose une expérience immersive et émouvante, célébrant le lâcher-prise, l’effeuillage de l’être et la puissance du vivre-ensemble.

La jauge étant limitée, deux représentations seront proposées : une première séance à 20h et la seconde à 22h.
L’achat d’un billet pour une séance vous permet d’avoir accès à Petit Bain pendant toute la durée de l’évènement. Toute personne ayant acheté un billet pour la seconde représentation aura accès à l'after avec le collectif Futile de 00h à 06h au Petit Bain. (Billetterie club sur le Shotgun de Petit Bain)

Le projet est soutenu par la mairie de Paris, le Ministère de la Culture et MNA Taylor, et est accompagné par Petit Bain, Stereolux, Le Temps Machine, Chateau Ephemère, File7, Les Laboratoires d’Aubervilliers et Le Confort Moderne.

Sam. 03.10
13h00 — 14h00
Création

meditation.exe, performance participative

Salle : Studio de danse avec Elise Migraine (metteuse en scène) et les artistes Virgile Boulanger et Giulia Crescenzi

Assis·e en cercle, votre smartphone posé devant vous, Meditation.exe vous invite dans un rituel poétique guidé par la comédienne Giulia Crescenzi, accompagné d'un live en son spatialisé de Virgile Boulanger. Porté·e dans les entrailles de votre smartphone au rythme des bits: 2, 4, 8, 16, 32, 64… vous plongez dans sa matière et appréhendez le mouvement de ses électrons. La performance explore un autre rapport aux technologies numériques, envisagées non plus seulement comme des outils, mais dans la matière et sa charge symbolique. Progressivement, la voix de Raphaëlle vous invite à interagir jusqu'à une ronde finale, smartphone entre les paumes.

14h00 — 16h30
Workshop
Structuration

Trouver son histoire

Salle : Atelier 12 avec Judith Amsallem (Sony France)

Une bonne histoire révèle un propos plutôt qu'elle ne le construit. Ce workshop propose une initiation à l’utilisation du storytelling pour clarifier ce qu'un projet (artistique ou entrepreneurial) a vraiment à dire, et pour trouver la forme la plus juste de le transmettre.

Prérequis : venir avec un sujet sur lequel s'exercer : un projet artistique, ou toute initiative en cours de construction.

Judith Amsallem est Directrice Creative Services chez Sony Music France. Elle dirige les équipes chargées de développer & produire les stratégies de contenus, l’image et les univers créatifs au service des labels et de leurs artistes.

A propos de Sony Music Entertainment
Sony Music Entertainment produit, distribue et accompagne des artistes dans plus de 100 pays. Pionnière de l’industrie (à l'origine du premier label musical et du disque double face) elle combine aujourd'hui expertise créative, commerciale et technologique pour aider les artistes à développer leur musique et toucher de nouveaux publics.

14h00 — 15h30
Masterclass
Création

Masterclass AI Music Landscapes: A History of Tools, Instruments, and Musical Agency

Salle : Salle de concert avec Debit

Compositrice, productrice et performeuse, Debit développe une pratique qui mêle expérimentation avant-gardiste, mutations des musiques club et recherche sonore. Depuis 2017, elle joue un rôle majeur dans la diffusion et la recontextualisation des musiques club latino-américaines à l'international, en les mettant en dialogue avec la techno, la bass et les musiques expérimentales. Son travail, à la fois conceptuel et nourri par la recherche, a inspiré la masterclass qu’elle animera à la PEW : AI Music Landscapes: A History of Tools, Instruments, and Musical Agency

L’artiste proposera une réflexion sur l'histoire des outils, des instruments et des technologies musicales en s'appuyant notamment sur le travail de son album The Long Count, dans lequel elle utilise l'intelligence artificielle pour reconstruire des instruments à vent préhispaniques. Elle montrera de quelle manière, les nouvelles technologies peuvent être mobilisées dans des processus de création et de pratiques musicales.

14h00 — 17h00
Initiation
Création

Initiation au mixage et au mastering

Salle : Studio D avec Jonquera (artiste)

Billetterie

Guillaume Lespinasse aka Jonquera exposera lors d’une initiation les fondamentaux et les enjeux de ces pratiques à part entières que sont le mixage et le mastering. Il vous livrera également des conseils autour des personnes/structures vers lesquelles s’orienter en tant qu’artiste, à des échelles plus locales et plus accessibles. Artiste aux multiples talents : magicien, compositeur, DJ, batteur et ingénieur basé à Lyon, explore la musique à la guitare, à la limite du dub, de l’ambient sombre et des techniques acousmatiques. Son univers, il l’exprime à travers des albums, concerts et EP en groupe, collaboration et en solo.

Initiation limitée à 10 persones.

14h00 — 17h00
Initiation
Création

Initiation à la production

Studio K avec Goldie B (artiste)

Billetterie

DJ, productrice, multi-instrumentiste, chanteuse et MC dont le travail échappe aux catégories fixes, Goldie B animera une initiation à la production à Mains d’Oeuvres. Cet atelier, ouvert aux personnes débutantes/intermédiaires, reprendra les bases de la production et les outils nécessaires à cette pratique. Goldie B développe une approche instinctive et hybride de la musique électronique nourrie par les esthétiques UK garage, breakbeat, house, bass et nu-jazz. Artiste engagée dans la transmission, elle mène une activité pluri-disciplinaire que ca soit en musique enregistrée, sur scène aussi bien en DJ set qu’en live.

14h00 — 17h00
Initiation
Création

Initiation au VJing

Salle : Studio M1 avec Dylan Cote (OYÉ Label)

Billetterie

Dylan Cote est un artiste et designer basé à Paris. Il développe une pratique à la croisée de l’image, du son et des technologies numériques, à travers des installations, vidéos et performances audiovisuelles.

Il collabore régulièrement avec des artistes musicaux pour lesquels il crée des projets et scénographies audiovisuelles, et développe en parallèle une pratique artistique plus personnelle. Ses recherches explorent les possibilités plastiques des outils numériques et leurs usages, donnant naissance à des univers visuels immersifs qui questionnent les imaginaires technologiques contemporains.

Son travail a été présenté dans des événements et institutions tels que le Mapping Festival, Nuit Blanche, Scopitone, iMAL, la SAT Montréal, la Gaîté Lyrique ou encore ]Interstice[. Il a également performé dans des lieux et festivals musicaux comme MUTEK, Astropolis, Positive Education, Dour, le Rex Club ou le Transbordeur.

Dylan Cote est résident du OYÉ Label, collectif d’artistes et designers dédié aux pratiques audiovisuelles.

À l’occasion de la Paris Electronic Week, il proposera une initiation au VJing, pour découvrir les bases de la création et de la manipulation d’images en live.

Initiation limitée à 10 personnes

14h30 — 16h00
Masterclass
Création

Masterclass Son spatialisé et dispositifs immersifs

Salle : Studio de danse avec Amélie Nilles et Filippos Sakagian

La spatialisation sonore connaît aujourd'hui un essor majeur avec l'adoption massive de formats immersifs comme Apple Spatial Audio, Dolby Atmos, ou encore les dispositifs multicanaux de haut-parleurs en concert et en installation. Les conférences et formations déjà existantes s'adressent principalement aux technicien·ne·s et ingénieur·e·s du son, et laissent souvent de côté la dimension artistique de la spatialisation. Pourtant, c’est un outil puissant de création, un champ d'exploration ouvrant de nouvelles perspectives d'écriture aux artistes.
Dans cette masterclass, Amelie Nilles, artiste et musicologue spécialiste de la spatialisation du son, invite Filippos Sakagian aka necrotrance, artiste transmedia, compositeur et metteur en scène, à croiser leurs démarches artistiques complémentaires. Iels proposent une découverte des pratiques de spatialisation du son dans les musiques électroniques, en abordant différentes manières de penser l’espace, parfois associées à la scénographie lumière. Iels souhaitent encourager une diversité d’approches et d'imaginaires dans la création sonore immersive.

16h00 — 17h30
Workshop
Écologie

Mettre l'imagination au service de la transition : quels futurs pour les musiques électroniques ?

Salle : Atelier 12 avec Pauline Bourdon (Soliphilia)

Comment engager notre pensée vers un futur positif, participatif et durable pour les musiques électroniques ?

Au travers de l'expérience de plusieurs festivals et événements au Royaume-Uni, Pauline Bourdon propose d'explorer comment les outils narratifs et de l'imagination permettent un mouvement de transition pour les scènes électroniques, en influenceant les publics dans leur perception du futur.

Directrice de Soliphilia UK, Pauline Bourdon a accompagné plusieurs organisateur·ices parmis lesquels MUTEK Montréal, Massive Attack x Act 1.5, Loves Save the Day, FORWARDS Festival, dans la mise en place d'une stratégie de transition durable, tenant compte des enjeux de justice climatique et d'équité.

17h00 — 18h30
Masterclass
Création

Creating Narratives & Personal-Sounding Dance Music

Salle : Studio de danse avec Peachlyfe

17h00 — 18h30
Masterclass
Création

Masterclass Creating Narratives & Personal-Sounding Dance Music

Salle : Studio de danse avec Peachlyfe

Depuis près d’une décennie, Peachlyfe développe une musique électronique personnelle, transformant les morceaux de club en récits à ressentir autant qu’à écouter. Artiste de la provocation ludique, iel mêle techno psychédélique, psy-trance organique et sonorités acid venues d’ailleurs, dans des compositions aussi singulières qu’irrévérencieuses. Après un parcours dans le jazz, la composition et la basse électrique, iel s’est affranchi·e de la rigueur du conservatoire pour trouver dans les cultures queer et électroniques un espace de liberté et d’émancipation. Aujourd’hui figure de la scène techno de Copenhague, Peachlyfe partagera dans cette masterclass sa manière de donner une dimension narrative et émotionnelle à ses productions, du choix des sons à la construction des morceaux, pour créer une musique vivante, humaine et loin de tout formatage.

17h00 — 18h30
Conférence
Médias

Algorithmic recommendations, content saturation, and the race for visibility: how have social media reshaped our relationship with music?

Salle : Salle d'expo avec Chanel Kadir (artiste, Dawn Agency), Legit Girl DJ (artiste), Mitch Maynard (Subvert) et Chloé Sarraméa à la modération

61% des jeunes DJs et producteur·ices estiment aujourd'hui que leur présence sur les réseaux sociaux compte davantage que leur talent musical (étude Pete Tong Academy). Loin d'être anodin, ce chiffre dit la place qu'occupent désormais les réseaux sociaux dans le développement d'un projet artistique.

Ces plateformes ont pu contribuer à une forme de démocratisation du métier d'artiste. Mais elles sont aujourd'hui devenues une condition d'existence artistique non négociable. À quel coût ?

Du côté du public, la prévalence des réseaux sociaux comme principal canal d'information et de découverte musicale transforme son rapport à la musique : la logique algorithmique, pensée pour maximiser l'engagement, tend à privilégier des contenus toujours plus courts et clivants, au détriment de la diversité et de la qualité.

À l'ère de l'économie de l'attention, l'injonction à produire toujours plus de contenu pour rester visible crée un stress supplémentaire pour les artistes, et une saturation cognitive pour le public. L'évolution constante des algorithmes exige une veille permanente : du temps et des compétences dont une majorité d'artistes ne dispose pas. Le manque de transparence de ces algorithmes pose par ailleurs question, au regard du positionnement politique de leurs dirigeants.

Comment trouver, alors, des canaux de découverte alternatifs, en dehors des mécaniques algorithmiques ? Réseaux de pairs, plateformes communautaires non soumises à un système de recommandation commercial, retour au disque et à la culture du digging, programmation événementielle comme espace de découverte, ou encore nouveaux formats éditoriaux portés par des médias indépendants : autant de leviers qui permettent de repenser la découverte musicale en dehors des seules mécaniques de plateforme.

19h00 — 20h30
Conférence
Politique

Prolifération des sound systems : une récupération mercantile d’une culture anti-capitaliste ?

Salle : Startrek avec Ed Gillett (journaliste), Maliman (Yard One Soundsystem), ojoo (Psst) et Rachel Mbiga Epelbaum à la modération

Loin d’être un simple système de sonorisation, le soundsystem est au cœur d’une histoire d’une richesse rare. Née à la fin des années 40 dans les ghettos de Kingston, la culture soundsystem s’est développée dans un contexte culturel fort, au sein des classes populaires de l’île en quête de découvertes musicales. Ce phénomène s’est développé en réaction directe aux obstacles freinant l’accès de la working class à la création et à la diffusion de musique. Il s’est rapidement muté en un véritable laboratoire d’expérimentation artistique et un puissant facteur de cohésion communautaire, initialement affranchi de toute logique commerciale. Importé au Royaume-Uni par la “Windrush Generation”, cette culture est la matrice de nombreux genres musicaux tels le reggae et le dub, puis plus tard la jungle, le garage ou le dubstep.

Cette tradition vit actuellement un nouvel essor à travers le monde, qui s’accompagne d’une prolifération du nombre de soundsystems. Ce développement permet une valorisation de ce patrimoine artistique et culturel, et redessine les contours de l’espace festif auprès de nouveaux publics. Mais il est aujourd'hui impossible de fermer les yeux sur les enjeux de récupération marketing et mercantile qui infiltrent la culture soundsystem, entre “pop-up raves” et sponsorisation de marques. Diverses questions traversent ainsi la scène : la démocratisation du soundsystem s'accompagne-t-elle inévitablement de la dénaturation d’une pratique anticapitaliste ? Cette dynamique s’apparente-elle à une forme d’extractivisme culturel ? Comment rendre hommage à cette histoire sans trahir ses fondations ?

Dim. 04.10
14h00 — 15h30
Conférence
Care

La vie après le dancefloor : concilier parentalité et carrière dans les musiques électroniques

Salle : Studio de danse avec Maxye (artiste), Paloma Colombe (artiste), Ruben Pariente (Friendsome / DJs for Climate Action) et Laureline Teste Wyrich (journaliste) à la modération

Pour beaucoup d’artistes et de professionnel·les des musiques électroniques, la question de la parentalité est loin d’être anodine.
Entre une charge de travail conséquente, les horaires décalés, le travail en week-end et les déplacements, concilier vie professionnelle et vie de famille relève parfois d’une mission impossible. Une réalité encore plus complexe pour celles et ceux qui ne bénéficient pas d’un entourage familial proche ou de moyens nécessaires pour envisager une garde d'enfants...
Au-delà de la pression exercée par le secteur, la question de la précarité touche également beaucoup d’acteur·rices du milieu : cumuler suffisamment d’heures pour conserver son statut intermittent, ou pour les indépendant·es, de maintenir une activité constante afin d’assurer ses revenus.

Dans ce contexte, devenir parent soulève inévitablement certaines questions : Comment envisager une vie de famille quand son métier impose une disponibilité permanente ? Peut-on développer sa carrière et concilier vie de famille ? Comment trouver un équilibre, à la fois financier, professionnel et personnel pour ne pas s'épuiser ?

Nos trois intervenant·es : Maxye et Paloma Colombe, toutes deux artistes, et Ruben Pariente, acteur actif de la scène, seront au micro pour échangeront autour de ces enjeux avec Laureline Teste, qui, à travers son expérience personnelle et professionnelle, ouvrira la réflexion sur les réalités de la parentalité dans le secteur des musiques électroniques.

14h00 — 15h30
Workshop
Diffusion

Décentraliser les scènes européennes : WAVMAP, un outil collaboratif pour repenser la découverte artistique

Salle : Atelier 11 avec Vincent Kulesza (WAVMAP, Commune de Nuit)

La croissance de la scène électronique européenne de ces dernières années masque une réalité plus contrastée : celle d'un secteur toujours plus centralisé, où une poignée d'acteurs, souvent de grands groupes privés internationaux concentrés dans quelques capitales et métropoles culturelles, captent une part croissante de la visibilité et des revenus, au détriment d'une majorité d'artistes et de professionnel·les de la scène indépendante, notamment en dehors des grands centres urbains.

Cette centralisation se double d'un isolement professionnel : en France, plus de la moitié des artistes et structures de musiques électroniques travaillent seul·es, en dehors des dispositifs d'accompagnement institutionnels et sans entourage professionnel. Au-delà des questions de santé mentale, cette solitude fragilise aussi durablement ces acteur·ices, souvent éloigné·es des réseaux d'information et de décision : méconnaissance des dispositifs de soutien financier, manque de ressources pour structurer son projet, absence d'accompagnement pour communiquer dans un monde où les réseaux sociaux sont devenus centraux. Autant de freins qui touchent en premier lieu les scènes locales, périphériques ou peu connectées aux grands pôles européens de la musique électronique.

Face à ces enjeux, WAVMAP propose un outil de mise en réseau, de coopération et de découverte pensé pour décentraliser l'accès à la visibilité et à l'information : il s'adresse aux artistes émergent·es européen·ne, où qu'iels se trouvent, ainsi qu'à l'ensemble des professionnel·les de la scène indépendante en Europe, en donnant à voir et à connecter des écosystèmes locaux trop souvent invisibilisés à l'échelle continentale.

Ce workshop propose de partir des difficultés identifiées pour imaginer collectivement des solutions, et les mettre en résonance avec les possibilités qu'offre WAVMAP pour une scène électronique européenne plus distribuée et plus équitable.

14h00 — 17h00
Initiation
Création

Initiation à la lumière de concert

Salle : Studio M1 avec Laurie Laprade Delizée

Billetterie

Ingénieure lumière depuis 6 ans, Laurie Laprade évolue dans le milieu de la musique actuelle, après être passée par le jazz, la musique contemporaine et le théâtre. Elle se consacre aujourd’hui à la création lumière, aux tournées et à l’accueil en salle.

Dans le cadre de la Paris Electronic Week, elle propose un atelier pratique de 3 heures consacré à l’initiation à la lumière de concert.

L’atelier permettra de découvrir les bases de la lumière, notamment les différents types de projecteurs, le protocole DMX et la lecture d’un plan de feux. Les participant·es pourront également s’initier à l’utilisation d’une console analogique et découvrir les bases de la grandMA2, à travers une approche concrète et pratique.

Initiation limitée à 10 personnes.

14h00 — 18h00
Initiation
Création

Initiation à la production : débloquer le syndrome de la page blanche

Salle : Studio K avec Drawbridge (artiste)

Billetterie

Drawbridge, producteur basé à Paris, résident chez Gimic Radio (Bruxelles) et Antenne 47 (Paris) proposera une initiation à la production niveau intermédiaire axée sur la bête noire de toustes : le syndrôme de la page blanche. Né entre les brumes de la forêt et les pulsations de la scène électronique, Drawbridge tisse une musique où textures profondes, rythmes envoûtants et éclats psychédéliques s’entrelacent, libre de toute contrainte de genre. Surnommé le druide, il façonne un monde sonore aux allures de rêve éveillé, entre clairière mystique et dancefloor secret, comme en témoignent ses 2 premiers EP et ses nombreux morceaux sortis sur des labels à travers l’Europe entière et joués à travers le monde. Ses sélections ne manquent jamais d’éclectisme et de psychédélisme de toute sorte.

L'initiation est limitée à 10 personnes.

14h00 — 15h30
Workshop
Care

Écouter pour mixer : l'oreille comme premier instrument du DJ

Salle : Atelier 12 avec Saku Sahara

À travers ce workshop interactif, Saku Sahara explorera le rôle essentiel de l'oreille dans la pratique du DJing, bien au-delà de la technique.

Comment développe-t-on son écoute au fil des années ? Pourquoi deux DJs n'entendent ils pas un morceau de la même manière ? Comment apprend-on à reconnaître des textures, des timbres ou des structures musicales ? Et que signifie réellement « avoir une bonne oreille » ?
En mêlant démonstrations sonores, échanges, références autour de l'écoute et retour d'expérience, cette masterclass proposera une réflexion sur la manière dont notre oreille influence nos choix artistiques, notre relation au dancefloor et notre identité musicale.

Enfin, une partie sera consacrée à la santé auditive et à l'importance de préserver cet outil indispensable, à travers un témoignage personnel et des pistes concrètes de prévention.

14h00 — 15h30
Workshop
Création

Goa Paradox : aux origines du mouvement Trance

Salle : Atelier 13 avec Esteban Desigual

Dans les profondeurs de l'histoire électronique, il existe une époque étrange où les styles circulaient librement, sans règles ni frontières. Un moment où les genres se croisaient avant même de se nommer. Entre plages, jungles et studios improvisés, des expérimentations naissaient et disparaissaient, dessinant peu à peu les contours d'une musique en devenir. C'est dans cette zone brumeuse qu'Esteban Desigual aime se perdre. Fondateur du label Trancemutations Records il mène également une recherche documentaire consacrée aux premières années de la trance à Goa, retraçant l'histoire d'un mouvement qui allait transformer durablement la musique électronique. Il s’est rendu sur place entre Janvier et Mars pour aller à la rencontre d’acteurices du mouvement. Son intervention revient sur sa démarche documentaire, son mode opératoire, et ses découvertes. Il vous partagera ses réflexions à travers des témoignages, extraits vidéos d’interview, archives, et extraits sonores pour mieux comprendre comment la Trance Psychédélique a pris racine à Goa. Une plongée à la fois intime et historique dans un mouvement souvent méconnu et dont les clichés lui collent à la peau.

15h00 — 16h30
Conférence
Création

Programmer, créer, hybrider : repenser nos pratiques face aux enjeux d'appropriation et d’extractivisme culturel

Salle : Startrek avec Harey Izé (artiste), Lola Ondi Kwa (artiste, Maquis des Dégâts), Tina Tornade (artiste), Rihab Hdidou (Bien Public Bordeaux) et Laure Togola à la modération

Les musiques électroniques sont traversées par des circulations et des hybridations de différentes influences musicales. Si ces échanges peuvent être féconds et faire émerger de nouvelles formes artistiques, ils ne sont pourtant pas neutres. Ils s’inscrivent dans des rapports de pouvoir et des inégalités de reconnaissance, de visibilité et de redistribution de la valeur. Les musiques et cultures non occidentales semblent être bien trop souvent considérées comme des ressources disponibles, dont on peut extraire les sonorités, les esthétiques ou les pratiques sans reconnaître leur histoire ni les personnes qui les portent. Une logique qui contribue à invisibiliser des cultures et des identités, et qui prend la forme d’une spoliation aussi bien symbolique que matérielle.

Comment, dès lors, créer et faire circuler les musiques autrement ? Cette table ronde propose de partir de situations concrètes pour explorer des manières de programmer, composer, mixer et créer des espaces plus inclusifs et attentifs à ces rapports de pouvoir.

Pour les artistes : comment s’approprier, composer, sampler ou jouer des genres musicaux issus d’autres cultures avec justesse ? Pour les organisateur·ices et directeur·ices artistiques : comment construire des line-ups plus mixtes et diversifiés sans tomber dans la tokenisation ? Plus largement, comment favoriser l’hybridation et la circulation des cultures tout en reconnaissant leurs origines et les personnes qui les font vivre ?

Cette table ronde s’adresse aux professionnel·les des musiques électroniques qui souhaitent mieux cerner ces enjeux et faire évoluer leurs pratiques. Dans une démarche de transmission par des personnes concernées, les échanges laisseront une grande place aux questions, aux expériences et aux cas concrets, afin de partager des connaissances situées et des pistes directement applicables pour les artistes, les organisateur·ices et les lieux.

16h00 — 17h30
Conférence
Care

Vivre de "sa passion" mais à quel coût ? Comment préserver sa santé mentale ?

Salle : Studio de danse avec Claire Bruhan (Le Quartier Libre de Rouen), NSDOS (artiste), Priscilla Adam (CURA), Saku Sahara (artiste) et Christelle Tissot (mūsae) à la modération

Dans un monde en crise, la quête de sens dans le travail est une aspiration de plus en plus fréquente : entre 2020 et 2023, un quart des jeunes a engagé une démarche de ré-orientation professionnelles (Cereq, 2025).*

Pourtant exercer un métier qui nous anime n’implique pas nécessairement de trouver un meilleur équilibre. La réalité derrière les coulisses est parfois moins rose. La passion peut aussi devenir un moteur qui pousse à accepter l’inacceptable : la surcharge de travail et les horaires en décalés, l’effacement des frontières entre vie professionnelle et vie personnelle sans compter un climat propice au stress, aux violences et à la précarité pour bon nombre de professionnelles et artistes dans les musiques électroniques.

L’étude CURA, réalisée en 2022 en donne un aperçu éclairant : 55 % des professionnel·les interrogé·es exercent plusieurs activités, 20 % travaillent plus de 50 heures par semaine et 83 % continuent à travailler lorsqu’ils sont malades. 38% des répondant.es gagnent moins de 1 302 euros par mois dont 18% qui se situe sous le seuil de pauvreté en France. 21% des répondantes déclarent également avoir été victimes d’une agression sexuelle dans le cadre pro.

Alors, comment est-il possible de trouver un équilibre professionnel sain, protéger sa santé et préserver sa passion ? Quels sont les outils et les enjeux structurels qui doivent être repensés pour prévenir les dommages que peuvent causer les risques psycho-sociaux d’une activité professionnelle dans notre secteur ?

*Il convient de situer cette quête de sens, qui vient souvent avec des privilèges : celui de pouvoir prendre le temps de trouver un sens à son implication professionnelle, parfois recommencer des études souvent payantes, et s'engager dans un processus de reconversion. Et de fait, elle concerne plutôt les jeunes issu·es de classes sociales favorisées).

16h00 — 17h30
Masterclass
Création

Masterclass Crafting a sonic narrative from your surroundings

Salle : Salle de concert avec Sara Perisco

Artiste sonore, compositrice et performeuse, Sara Persico développe une pratique à la croisée de la voix, de l’électronique analogique et du field recording. Dans son travail, elle explore la manière dont les sons d’un lieu peuvent être captés, transformés et réassemblés pour créer de nouvelles narrations.

Sa démarche accorde une attention particulière aux qualités acoustiques et physiques des espaces. Pour son album Sphaîra, sorti en 2025 sur Subtext Recordings, elle a notamment travaillé à partir d’enregistrements réalisés dans le Dome de Tripoli, une architecture monumentale inachevée conçue par Oscar Niemeyer. La réverbération du lieu, ses structures métalliques, les sons environnants et les résonances de sa voix sont devenus les matériaux d’une composition pensée comme une véritable exploration de l’espace.

Comment faire d’un lieu une matière musicale ? Comment révéler, à travers le son, les textures, les rythmes et les histoires qui nous entourent ?

À travers cette masterclass, Sara Persico partagera son approche de la création sonore : de la collecte de matières sonores à leur transformation par l’électronique, la voix, le sampling et la spatialisation. Une réflexion sur la manière dont un espace peut devenir un moteur créatif et comment une collection de sons peut progressivement se transformer en récit.

16h00 — 17h30
Workshop
Écologie

À l'écoute des environnements entre recherche et création

Salle : Atelier 13 avec Adèle de Baudouin (artiste)

L’écologie sonore est une discipline multiple à l’interface entre arts et sciences. En portant notre attention sur l’écoute, elle nous invite à repenser les liens entre humain·es, non-humain·es et environnements. Au travers d’écoutes des environnements et du parcours de recherche-création d’Adèle de Baudouin, écoacousticien·ne, audio-naturaliste et compositeur·ice, ce workshop nous invite à aller à la rencontre de l’écologie sonore et à découvrir de nouvelles façons de transmettre des connaissances à la fois sensibles et scientifiques.
Ce workshop s’articule autour de plusieurs temps : des écoutes allant de la prise de son brute de terrain à la composition électroacoustique, la présentation d’un projet de recherche-création porté sur les environnements sonores (objectifs, méthodes, outils d'enregistrement mobilisés) et surtout des moments d’échanges pendant lesquels questionner nos rapports aux vies non-humain·es qui nous entourent.

18h00 — 19h30
Conférence
Inclusion

Who Really Owns the Scene? Ending Ableism in Electronic Music

Salle : Studio de danse avec Alexandre Decoupigny (Ick Mach Welle), Morgann Le Roux (No Stage Without Us), Pre Silent (artiste) et Alexandra Dumont (journaliste) à la modération

Clubs, festivals et lieux de musique électronique restent traversés par des mécanismes d’exclusion qui limitent encore l’accès à la scène et aux espaces festifs des personnes en situation de handicap (visible ou invisible) ainsi que des artistes et professionnel·les concerné·es.
Au-delà des obstacles matériels, cette question révèle les angles morts d’un secteur encore marqué par le validisme, le manque de moyens et des représentations persistantes du handicap. Trop souvent, des publics, artistes et professionnel·les concerné·es renoncent à investir les espaces de la nuit et de la musique faute d’un environnement pensé pour elles·eux. Comment faire évoluer nos lieux pour que chacun·e puisse réellement y trouver sa place ? Quelles transformations concrètes imaginer : espaces calmes, accessibilité des parcours, formation des équipes, dispositifs de sensibilisation, adaptation des espaces de travail ou encore généralisation des coupes-files ?
Alors que des associations comme No Stage Without Us, T’Cap ou Quest’Handi œuvrent à faire évoluer les pratiques, la question du handicap reste encore trop peu identifiée et soutenue au sein du secteur, notamment en comparaison avec d’autres enjeux d’inclusion comme les VHSS ou la réduction des risques. Cette table ronde propose d’interroger nos représentations et nos responsabilités : qui peut réellement investir les espaces de la nuit et du spectacle vivant ?
Le handicap ne relève pas uniquement des individus, mais aussi des environnements que nous construisons, comment faire de nos espaces des lieux véritablement accessibles et accueillants pour tous·tes ?

16h00 — 17h30
Workshop
Structuration

Comprendre le métier de manager : sortir du mythe du "couteau suisse"

Salle : Atelier 11 avec Coline Bernardini (New Forms) et Nathanne Le Corre (Sierra Management, UMAN)

Si le métier de manager est souvent perçu comme celui de « la main à tout faire », c'est parce qu'on l'assigne bien souvent à une multitude de casquettes, au point d'en rendre le rôle parfois flou, voire le réduire à un métier dont on peine à saisir l'utilité. De la gestion administrative aux questions juridiques, l’accompagnement sur la direction artistique ou encore la mise en réseau, le management requiert une polyvalence certaine. C'est un métier au carrefour des différents enjeux qui composent le développement d'une carrière. Mais au-delà des outils et des compétences, le travail d’un manager repose avant tout sur une mission essentielle : construire une relation de confiance avec l'artiste afin de comprendre sa vision, la représenter, la défendre et, parfois, la protéger auprès de ses partenaires. Ce workshop propose de revenir sur les fondamentaux du management, ses missions, ses limites et les réalités qui façonnent le quotidien de celles et ceux qui l'exercent.

18h00 — 19h30
Workshop
Diffusion

Accompagner l’émergence à travers la programmation et les résidences au sein d’un collectif

Salle : Atelier 12 avec Léo Viguier (HORS-SOL) et Marcia Vistalli (HORS-SOL, WITH US)

L'émergence artistique reste l'un des angles morts de l'industrie des musiques électroniques. Un état des lieux de la scène réalisé par Technopol en 2022 révèle qu'une majorité d'artistes évoluent seul·es, sans structure ni accompagnement, livré·es à un système qui valorise la visibilité immédiate plus que la construction d'un parcours dans la durée.

Pour les artistes en voie de professionnalisation, la résidence au sein d'un collectif devient alors un espace de création, de performance et de mise en réseau pour structurer leur pratique et se développer artistiquement. Pour le collectif, l'accueil de résident·es ouvre aussi des opportunités pour diversifier sa programmation, s'ouvrir à de nouvelles scènes, ou apporter une nouvelle vision interne dans le fonctionnement de l'association. Loin d'être un simple outil de soutien, la résidence devient un espace où se dessinent les futures programmations et où se construit une relation de confiance durable entre artistes et collectif.

Concrètement, comment construire un tel dispositif ? Sur quels critères sélectionner les artistes accueilli·es : cohérence artistique, moment de carrière, besoins spécifiques ? Quels formats de résidence privilégier, et avec quels moyens ? Comment penser un programme de résidence en cohérence avec une vision artistique à moyen-terme ?

A l'occasion de ce workshop, Léo Viguier, co-directeur du collectif HORS-SOL, et leur artiste résidente Mars010C, aussi co-fondatrice du collectif WITH US, apporteront des pistes de réponses tirées de leur expérience personnelle de la résidence en collectif.

19h — 20h30
Conférence
Politique

Entre militantisme performatif et convictions réelles, l'engagement est-il devenu la vitrine d’une forme de coolness dans les musiques électroniques ?

Salle : Startrek avec Colleg, Gaël Lapasset (ERROR.tpg), Laetitia Muong (Asian Core, Emergé·es), Mystique et Audrey Supărată (Volteface) à la modération

La scène électronique se revendique volontiers progressiste avec des prises de position politiques devenues quasi omniprésentes. Sur les réseaux, dans les programmations comme dans les discours défendus par ses acteur·rices, le militantisme constitue une composante à part entière de l'identité de cette esthétique musicale. Mais qu’en est-il de la sincérité de ces engagements lorsqu’il deviennent des outils de communication et des marqueurs de « coolness » ?

Les réseaux sociaux accélèrent la mise en scène des prises de position. Être le·a première à réagir, afficher le bon discours pour se situer du bon coté de l’histoire : une forme d'injonction à la conformité qui traduit le militantisme en performance sociale où la visibilité de l’engagement prend le pas sur l’action concrète. Cette recherche de « pureté militante » efface d’une certaine façon, le travail politique de fond fait de contradictions, de remises en question et de transformations structurelles.

Les musiques électroniques en sont un parfait exemple. Revendiquer une transition écologique tout en développant des événements à grosses jauges et en dépendant largement du transport aérien. Afficher son soutien à certaines luttes tout en travaillant avec des structures ou des investisseurs dont les intérêts entrent en contradiction avec les combats qu’on défend. Parler d’inclusivité alors que les prix des événements en excluent de fait une partie du public. Défendre la diversité mais programmer des artistes comme des « tokens » sans une prise en compte plus profonde des mécanismes d'exclusion qui structurent la scène. Lutter contre les violences sexistes et sexuelles mais maintenir la programmation d'artistes qui font l'objet de signalements, au nom de l’absence de condamnation ou d’une prétendue méconnaissance des faits… Nombre d’exemples pourraient être cités.

Malgré cela, toute forme d’engagement ne doit pas être réduite à de l’opportunisme. Nombre de luttes traversent réellement les scènes électroniques et sont portées par des personnes et des collectifs qui accomplissent un travail essentiel. Mais elles invitent à interroger les conditions dans lesquelles cet engagement s’exerce : qui peut se permettre de militer, qui en tire une reconnaissance, qui en supporte les conséquences, et surtout, à qui profite cette esthétique du militantisme ?